La trentaine, 8 boulots, bac +4, 1 mari, 2 enfants et 2 chats.

 Voilà, ça c’est moi.

 

 

 

 

30 ans, 8 boulots…, c’est bien souvent la partie qui choque le plus !

Alors j’explique, parce que la plupart du temps ON pense que je n’ai pas ou peu de diplôme, et que c’est là la cause de mes changements successifs. Oui j’ai bien une Maîtrise (Master 1 aujourd’hui), un bac+4. Oui oui.

 

ON pense aussi que je n’ai jamais obtenu de CDI, parce que forcément, si j’en avais eu un, j’y serais encore… Forcément !

Alors j’explique : parmi ces 8 boulots, il y a des CDD et des CDI. Oui oui.

 

ON pense donc que j’ai été virée. Oui, parce que forcément, si j’étais en CDI et que je ne suis plus à ce poste, je ne peux qu’avoir été virée… Forcément !

Alors j’explique : j’ai démissionné de plusieurs CDI. Oui oui.

 

Là en général, on me prend pour une fille à problèmes : instable, insatisfaite chronique, incapable de se poser, indécise, inconsciente… Je peux encore continuer mais je préfère m’arrêter là.

 

Dans toutes ces affirmations, ON est une personne.

ON c’est vous. ON c’est mon mari. ON c’est mes parents, mes beaux-parents, mes belles-sœurs. ON c’est tout le monde.

ON ne comprend pas. ON a peur.

 

Pourquoi ON a peur ?

Et bien parce que ON ne comprend pas !

 

L’inconnu fait peur. Je ne suis pas comme ON. ON ne se retrouve pas dans mon discours ou dans mes actes. Donc ON se dit que j’ai un problème. Que ce n’est pas normal de vivre et d’agir comme je le fais.

Les réactions de ON m’ont souvent blessée, décontenancée. Elles m’ont fait douter. De moi, de mes envies, de mes projets, de mes capacités.

 

Je recherchais du soutien et je ne trouvais que des doutes voire des critiques.

 

ON n’est pas méchant. ON n’a jamais voulu me blesser, je le sais.

ON avait peur pour moi, pour ma famille, pour ma sécurité financière, pour mon avenir.

ON est plein de bonne volonté, mais ON ne se rend pas compte à quel point les mots peuvent rester ancrés au plus profond de la personne qui les reçoit.

 

Aujourd’hui j’ai muri, j’ai grandi et surtout, surtout, je me suis rendu compte que je n’étais pas la seule. Je me suis rendu compte que ma situation n’était pas anormale, ni désespérée ou désespérante.

J’ai discuté, échangé, rencontré des personnes comme moi.

J’ai identifié, mis des mots sur ce que je vivais, ce que je ressentais.

 

J’ai compris.

 

Merci à toutes ces rencontres, ces échanges, ces lectures.

Merci à toutes ces personnes.

 

Aujourd’hui je peux expliquer, discuter, argumenter.

Aujourd’hui je peux raconter sans m’excuser.

Aujourd’hui je peux assumer.

Aujourd’hui je peux avancer.

 

 

Aujourd’hui je peux être qui je suis.