Les Z versus les Y

La génération Y a amorcé un changement qui se poursuit avec sa petite sœur, la génération Z.

 

On les croit inconscients. On les pense pourri-gâtés. On les prend pour de grands enfants rois. Ils se veulent différents. Ils ont un problème avec l’autorité. Ils sont fainéants. Ils refusent de travailler et d’apprendre.

Voilà ce qu’on entend maintenant depuis des années concernant les jeunes.

Prend-on seulement le temps d’y réfléchir et de mesurer la véracité de ses propos ? Depuis la nuit des temps, la jeune génération est stigmatisée, critiquée et même jalousée par les générations précédentes. Ce n’est pas nouveau. Ça n’est pas apparu avec la génération Y.

 

Oscar Wilde disait : « Cette génération est épouvantable. J’aimerais tellement en faire partie ! ».

 

Le phénomène s’est amplifié avec cette génération là !

Pourquoi ? Parce que les mutations du monde se sont amplifiées elles aussi. C’est la troisième révolution anthropologique décrite par Michel Serres.

 

L’école pour les Z, c’est l’école de la vie. Les Z viennent continuer la transformation débutée avec les Y.

Où apprennent les Z? Que veulent-ils?

Les Z sont les enfants de quadras et quinquas qui vivent majoritairement pour les week ends, pour les congés et pour la retraite. Les Z ne veulent pas de ça. Ils savent que les entreprises ne sont plus en mesure de leur offrir la sécurité sur le long terme. Et de toute façon ils n’en veulent pas.

 

Ils croient en autre chose. Ils croient au changement. Ils croient en l’épanouissement.

 

Ce n’est plus l’entreprise qui leur fait l’honneur de leur proposer un job. C’est le Z qui fait l’honneur à l’entreprise de lui offrir ses compétences. A court terme. Car le Z veut occuper demultiples emplois. Parce qu’il veut développer de multiples compétences.

 

Les Z développeront des multi-potentiels pour occuper des carrières multi-métiers.

 

Le Z veut être son propre patron. Le Z veut définir lui-même ce qui fait sens pour lui, ce qui importe pour lui. Il n’a que faire du regard et de l’avis des autres. Il sait que de nombreux métiers qui recruteront dans 5 ans n’existent pas encore aujourd’hui. De ce fait il pose la question des études ? Pourquoi faire des études longues, qui sont obsolètes en à peine quelques années, voire même quelques mois, tout ça pour occuper des postes qui n’existent pas encore aujourd’hui ?

Quel rapport à l'école? 

Et du coup, pourquoi l’école ? A quoi ça sert ? L’école m’apprend-t-elle réellement ce que j’ai besoin de savoir avant d’entrer sur le marché du travail ? Le marché du travail d’aujourd’hui !Un marché du travail aux Etats-Unis où pour la première fois il y a plus de freelances que de CDI. Un marché du travail français qui en sera au même point d’ici 5 ans.

Ai-je vraiment besoin d’un diplôme existant aujourd’hui alors que je sais que j’exercerai des métiers du futur ? Ou vaut-il mieux pour moi aller me former en entreprise directement ? Après tout, c’est bien là le meilleur endroit pour apprendre ! Le Z apprend de lui-même (la connaissance est à portée de clic !). Le Z apprend sur le terrain. Mais le Z ne croit plus rien avoir à apprendre à l’école !

L’école est restée figée dans un monde en mouvements constants. Dès lors, l’école doit changer car bien sûr que l’école est utile. Mais l’école doit s’adapter.

 

L’école doit accompagner ce nouveau jeune à trouver et surtout à CRÉER sa place dans ce nouveau monde !

 

Demandez à un lycéen ce qu’il veut faire plus tard. Il vous répondra qu’il veut être heureux. Il vous répondra qu’il veut faire un métier qu’il aime. Voilà ! Il veut simplement ce que nous souhaitons tous sans oser nous l’avouer. Il veut kiffer sa vie ! Pas seulement sa vie pro, ou sa vie perso. Il veut kiffer toute sa vie ! Il se permet de vouloir ça. Il a raison le Z. Il veut être heureux. Il veut construire SA vie. Il veut y trouver SON sens.

L’orientation scolaire doit être revue complètement. Il est aujourd’hui complètement hors de propos de demander à un élève quel est le métier qu’il souhaite exercer.

Demandez lui plutôt ce qu’il aime. Demandez-lui quels sont ses talents. S’il ne sait pas, aidez-le à les découvrir, à en prendre conscience, à y croire. Demandez-lui quelles sont ses envies.Et surtout permettez-lui d’y croire !

Arrêtez de vouloir le faire entrer dans une case alors qu’il entrera dans de multiples cases et qu’il les quittera aussi ! Le Z n’a pas peur de partir. Il part à l’étranger. Il quitte l’école. Il quittera les entreprises dans lesquelles il travaillera tout comme le font en ce moment ses grands frères et grandes sœurs les Y. Ils se cassent sans peur.

Non ils ne sont pas inconscients. Oui ils savent les tensions économiques actuelles. Ils savent très bien. Ils se construisent en pleine conscience.

Bref, ils s’adaptent. Tout simplement.

 

C’est ce que doit également faire l’école. S’adapter à son nouveau public. S’adapter au nouveau monde.